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Autour de la distribution Ubuntu et du Logiciel Libre

Quelle place pour Linux dans l’avenir

L’actualité informatique de ces derniers jours a été marquée le 31 janvier par le lancement en grande pompe de Windows Vista, le nouveau système d’exploitation de Microsoft. Pas moins de 370 milliions d’euros auront été investis par Microsoft pour fêter la naissance du remplaçant de XP, dont un feu d’artifice à La Défense qui est tombé le jour du salon Solution Linux.

Il y a tout juste 1 an, le journal britannique The Register évoquait le projet Goobuntu, un système d’exploitation de Google basé sur Ubuntu Linux. Un démenti officiel de Google avait rapidement été publié, cette fois sur le site Ars Technica : si Google utilise bien Ubuntu en interne, « aucun plan n’est prévu pour externaliser un système d’exploitation… » Mark Shuttleworth réagira quelques jours plus tard en démentant aussi la rumeur sur son blog

Ces deux actualités m’amènent à m’interroger sur la place que peux jouer un acteur comme Google dans le monde des systèmes d’exploitation, notamment à travers les technologies du web 2.0, et le rapport qu’il pourrait y avoir dans les années à venir entre les 3 grandes firmes que sont Microsoft, Google et le monde libre, représenté par des noms tels que Canonical.


La tendance web 2.0 des services Google…

Car si Google est historiquement connu pour son moteur de recherche lancé en 1996, ses activités se sont aujourd’hui nettement diversifiées (une liste des outils liées à la recherche) et vont au delà de la messagerie et du calendrier en ligne. Les Google Services intègrent de véritables outils bureautique avec une tendance très web 2.0 : Google Document et Tableur est un programme de création de feuilles de calcul et de traitement de texte en ligne, agrémenté de l’aspect collaboration en temps réels.

Google possède donc une majeure partie des outils qui constituent un poste de travail, même si aujourd’hui ceux-ci sont encore majoritairement en version beta. Fin 2004, un article du New York Post lancait la rumeur selon laquelle Google travaillait sur la conception d’un navigateur Web basé sur la technologie libre fournie par la Mozilla Foundation, un outils indispensable sur un poste de travail… ou un OS en ligne. Depuis le géant Google et la fondation ont renforcé leur partenariat.


L’interface de Google Document et Tableur

Les systèmes d’exploitation en ligne…

Parallèlement, plusieurs projets que l’on pourrait qualifier de « système d’exploitation en ligne » se sont développés et deviennent très mure. Leur objectif est de proposer aux utilisateurs de disposer d’une interface de travail unique leur permettant de retrouver données personnelles et outils courants depuis n’importe quel accès à Internet. Plus proche pour l’instant d’un ensemble de services en ligne, on y retrouve pourtant les principales composantes d’un bureau informatique courant : barre des tâches, horloge et accès aux applications les plus courantes.

C’est notamment le cas de eyeOS, un projet open source indépendant, publié sous licence GPL et basé sur la technologie Ajax ; dans la même veine existe aussi YouOS, disponible sous licence BSD modifiée, qui propose actuellement plus de 300 applications parmi lesquelles un lecteur RSS, une messagerie instantanée, un explorateur pour les fichiers stockés en ligne, un petit traitement de texte, un lecteur MP3, quelques shells, un logiciel d’ajout/suppression de programmes…


Le bureau de eyeOS

Et du côté des distributions Linux…

Nous pouvons imaginer que Linux soit à la base de nombreux projets de systèmes en ligne, en tant que système du serveur physique. Il existe pourtant quelques belles initiatives de système d’exploitation en ligne. A commencer par Ulteo, développée par Gaël Duval (fondateur de la célèbre distribution Mandriva), qui offrirait notamment la possibilité de faire fonctionner le système à distance depuis un simple navigateur, que l’on soit sous Linux, Windows ou sous un autre système. L’approche est donc différente puisque l’utilisateur accédera à SON système depuis internet, ce qui élimine les problème de confidentialité que posent les OS dont l’utilisateur ne maîtrise pas l’hébergement. La distribution est passée en version Alpha et

Ulteo-kde
Le nouveau concept Ulteo

Firefrogz, chef de projet web et développeur d’une petite société qui met en avant l’open-source, s’est aussi tenté à développer à ses heures perdues une version web d’une distribution Linux en vogue, ce qui a donné WebUbuntu (cliquer sur Essayer pour accéder à l’OS en ligne). Le résultat est saisissant. Webubuntu est entièrement développé en php, ajax, javascript et xml. Idée délirante au départ, WebUbuntu est maintenant un projet libre basé sur la motivation et le bénévolat amené à devenir une interface Web d’Ubuntu, à la manière de Webmin mais avec des possibilités bien plus conséquentes au niveau de l’interface Web. Une belle initiative qui ne compte qu’un seul développeur ; avis aux intéressés pour aider !


Le prometteur WebUbuntu

D’autres images :
Ecran d’initialisation
Bureau WebUbuntu
Applis – Saloon

Pour finir, un petit aparté sur le projet libre et gratuit TribU (qui semble être suspendu), rattaché à la distribution Ubuntu, qui souhaite permettre la publication de données sur internet facile à partir d’un poste Linux. L’objectif est de permettre de partager au sein d’un même espace photos, blog, documents, partage de fichier, partage de musique, flux RSS… à la manière de .mac dédié aux utilisateurs Mac.

En résumé…

La frontière entre système d’exploitation en ligne et groupe de services est mince, chaque acteur prenant ses marques. Entre buzz, fausse rumeur et vrai innovation, les services en lignes représentent peut-être un palier vers le ‘tout en ligne’. Les communautés de logiciels libres auront un rôle à jouer pour contre balancer les grandes firmes, et à concrétiser des projets porteurs d’intérêts. Sans oublier que Microsoft et Yahoo comme d’autres seront aussi de la partie.

Et pour finir sur une note d’humour, n’oublions pas que Google avait bel et bien admis l’année dernière que son personnel utilisait une distribution Linux appelée Goobuntu. Et Google nous a déjà prouvé pratiquer la politique de hard launch pour ne dévoiler ses produits que lors de leur sortie… rendez-vous ce jour là ?

Edit du 10 mai 2007 : Red Hat vient d’annoncer le développement en cours d’un Linux pour les PC des pays émergents. Baptisé « Red Hat Global Desktop« , il s’agit plus d’un service en ligne. Le but du projet est d’offrir un accès standard à ses données et services, où que l’on soit. Le Global Desktop devrait se retrouver rapidement dans certaines configurations qui seront vendues aux gouvernements et petites entreprises dans les pays émergeants.

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6 commentaires

  1. Excellent Webuntu mais j’ai pas pu m’inscrire dommage :(

    Sinon Goobuntu, j’ai entendu que Google avait réfuté justement l’OS … je comprend plus, as tu des sources ?

  2. Franchement, je suis inquiet à la lecture de ce genre de perspective où l’informatique passerait uniquement pas des applications 100 % Web.

    Certes, des projets comme Web Ubuntu, les différents services de Google ou encore Exalead sont très impressionnant d’un point de vue technique et mettent en avant l’énorme potentiel d’AJAX, certainement promis à un futur prometteur.

    Mais cette migration vers du 100% Web est déjà bien en marche, prenons l’exemple de la messagerie électronique :
    Avant on utilisait exclusivement des clients de messagerie, que l’on devait installer en local.
    Mais maintenant, la plupart des personnes utilisent un webmail : les énormes capacités de stockage proposées par certains services (2.8 Go avec Google Mail !) et la rapidité des connexion ADSL ont changé la donne, quant on confort d’utilisation, les avancés dans les technologies Web et aussi des navigateurs ont permis d’atteindre les mêmes fonctionnalités qu’un vrai client en local. Encore une fois, prenons Google Mail comme exemple : carnet d’adresse complet avec gestion des groupes, chat en ligne, favoris, corbeille, mise en page, sauvegarde automatique des brouillons même après déconnexion, un filtre anti-spam efficace…

    Actuellement, c’est au tour du multimédia de subir sa mutation :
    – on visionne directement ses vidéos en ligne et les premiers services de location ont fait leur apparition,
    – on est plus propriétaire de sa musique et on l’achète en ligne,
    – on publie et on stocke ses albums photo en ligne…
    Et c’est de là que viennent mes inquiétudes : on assiste à une perte de la propriété de l’utilisateur, il se contente de louer ou d’emprunter du contenu en ligne et perd ainsi toute possibilité de contrôle.
    Les applications de bureautique vont probablement avoir à leur tour leur coup de projecteur.

    Et dans le cas de véritables OS en ligne, l’utilisateur perdra définitivement le contrôle de son ordinateur, tout sera stocké sur de gigantesques serveurs sous l’égide des principaux acteurs du Web : Google en tête, mais aussi Yahoo et Microsoft qui tente d’uniformiser ses services en une seule application web.
    On peut songer que l’utilisateur sera simplement amener à ouvrir (ou plutôt acheter) un compte sur l’un de ces services et il pourra avoir accès à toutes les tâches et applications que l’on réalise encore en local de nous jours.
    Je ne pense pas que ceci soit de la fiction, les projets mentionnés dans le billet en sont la preuve. De plus j’ai même lu sur une mailing list de GNOME des suggestions de développement en XUL, c’est à dire troquer les bibliothèques graphiques contre des technologies Web (inutile d’hurler, c’était juste une suggestion en l’air, rien de sérieux ni de concret).

    Et le Logiciel Libre dans tout ça ? Parce que le Libre n’est pas uniformisé en une seule société et qu’il n’est pas une entité commerciale, je continue de m’interroger sur le rôle qu’il jouera. Je pense que cela sera bénéfique pour les standards du web : le navigateur Internet devient de plus en plus une application critique comme en témoigne le retour de la guerre des navigateurs.
    Mais une informatique qui laisserait le contrôle des données des utilisateurs à des sociétés tierces ne m’enchante pas du tout…

  3. j’ai bien aimé lire votre article et le sujet est réellement tres interessant!

    Quel progres technologique !!

  4. Bien dit Haze, je suis tout à fait d’accord avec toi.

    Cela m’inquiète aussi énormément et je pense que cela est un faux progrès.

    Certes tout sera facilité pour les utilisateurs de base, qui n’auront réellement plus qu’à cliquer bêtement.

    Le revers de la médaille est d’être complètement dépossédé de l’outil, de subir les fonctionnalités et les publicités. Sans parler des problèmes de sécurité et de confidentialité.

    Jahmon, qui parle de progrès, ça ne te dérangerait pas d’être contrôlé par un tiers ?

  5. Effectivement, cette perspective n’est pas très heureuse… d’autant que seuls les trusts google, et Msoft risque d’être les ébergeurs de tels services, et là ça devient un peu dangereux!
    Néanmoins, la portabilité, et on le voit avec tout les logiciels qui sortent des versions portables, c’est aussi l’avenir de l’informatique. Pouvoir acceder a son bureau numérique depuis nimporte quel terminal dans le monde, c’est plutôt un bel avantage non?
    Reste évidement le problème de la confidentialité et de la sécurité… integrer un bon moteur de cryptage pour tout les documents hébergés et les paramètres utilisateur et ça devrait suffire non?

    Cordialement

  6. C’est bien beau tous ces OS en ligne mais pour y accéder, il faut utiliser un navigateur et par voie de conséquence un système d’exploitation déjà installé sur son ordinateur. Donc, le problème reste entier !!!

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